
Derrière chaque grande sauce se cache une histoire. Celle du chimichurri commence dans les plaines immenses de la pampa argentine, se transmet autour des feux de l’asado, et se raconte encore aujourd’hui de génération en génération — y compris dans la famille Delgado. Plongée dans les origines d’un condiment devenu emblème national.
Pour comprendre le chimichurri, il faut d’abord comprendre l’Argentine du XIXe siècle. Dans les étendues infinies de la pampa, les gauchos — ces cavaliers-éleveurs légendaires — vivent au rythme des troupeaux. Leur quotidien : la viande, cuite à la braise, au feu de bois, souvent en plein air. C’est la naissance de l’asado, bien plus qu’un mode de cuisson : un rituel social.
Pour accompagner cette viande grillée, les gauchos assemblent ce qu’ils ont sous la main et qui se conserve : de l’huile, du vinaigre, de l’ail, des herbes séchées comme l’origan, du piment doux. Le persil frais viendra enrichir la recette. Le mélange est simple, robuste, efficace : il relève la viande, se garde sans réfrigération et se prépare en quelques minutes. Le chimichurri est né de cette cuisine de nécessité devenue art de vivre.
Le mot « chimichurri » intrigue, et son origine fait l’objet de plusieurs légendes — aucune n’étant formellement prouvée, ce qui ajoute à son charme.
La plus célèbre évoque un Irlandais nommé Jimmy McCurry (ou Jimmy Curry selon les versions), qui aurait accompagné les troupes au XIXe siècle : les Argentins, incapables de prononcer son nom, l’auraient déformé en « chimichurri ». Une autre piste avance que des prisonniers britanniques réclamaient le condiment en mélangeant anglais et espagnol : « give me the curry » serait devenu, au fil des déformations, « chimichurri ». La linguistique suggère plus sobrement une origine basque : les immigrés basques étaient nombreux en Argentine, et le mot « tximitxurri », désignant un mélange désordonné d’ingrédients, colle plutôt bien à la recette.
Quelle que soit la vérité, une chose est sûre : le nom, comme la sauce, est le fruit du grand brassage culturel qui a fait l’Argentine.
En Argentine, l’asado est une institution nationale. Le dimanche, les familles se réunissent autour de la parrilla (le gril), l’asador — celui qui officie — surveille les braises pendant des heures, et personne ne presse le temps. On discute, on partage, on trempe du pain dans le chimichurri en attendant la viande.
Car sur la table de l’asado, le chimichurri est non négociable. La viande est cuite nature, salée au gros sel ; c’est la sauce qui apporte fraîcheur et caractère, dans l’assiette de chacun. Du choripán de rue — pain, chorizo grillé, chimichurri — aux grandes tablées familiales, la sauce verte accompagne tous les moments de convivialité argentine.
Et comme tous les plats emblématiques, chaque famille garde sa version : un peu plus d’ail ici, une pointe de piment là, un vinaigre particulier. Le chimichurri ne se standardise pas, il se transmet.
C’est exactement cette histoire que porte Casa Delgado. Derrière chaque pot, il y a une recette familiale argentine, transmise de génération en génération et préservée avec fidélité : le même équilibre d’herbes, d’ail, d’huile et de vinaigre que sur les tables familiales d’Argentine.
De cette recette originelle sont nées les déclinaisons de la gamme : le fumé, qui capture l’esprit des braises de l’asado ; le spicy, pour ceux qui aiment quand ça pique ; et le mayo, clin d’œil aux usages d’aujourd’hui. Quatre façons de faire voyager la tradition, sans jamais la trahir.
Longtemps trésor local, le chimichurri a conquis la planète ces dernières décennies, porté par la réputation mondiale de la viande argentine et par l’engouement pour les cuisines authentiques. On le trouve aujourd’hui sur les cartes des restaurants du monde entier, adopté par les chefs pour sa fraîcheur et sa polyvalence : sur les viandes bien sûr, mais aussi les poissons, les légumes, la street food.
La meilleure preuve de cette universalité ? Une sauce née il y a près de deux siècles dans la pampa se retrouve aujourd’hui dans les burgers, les bowls et les brunchs — sans avoir changé sa recette de base. Les grandes traditions n’ont pas besoin de se réinventer, seulement de se partager.
De quel pays vient le chimichurri ? D’Argentine (l’Uruguay voisin le revendique aussi comme condiment national). Il est né au XIXe siècle dans la culture des gauchos et de l’asado, le barbecue traditionnel.
Que veut dire « chimichurri » ? L’origine du mot est incertaine : légende de l’Irlandais Jimmy McCurry, déformation de l’anglais, ou racine basque « tximitxurri » désignant un mélange d’ingrédients. Le mystère fait partie de la légende.
Quelle est la composition traditionnelle du chimichurri ? Persil, origan, ail, huile, vinaigre, et selon les familles une pointe de piment doux et d’épices. Chaque famille argentine garde sa propre version de la recette.
La recette Casa Delgado est-elle authentique ? Oui : c’est une recette familiale argentine transmise de génération en génération, qui reste au cœur de toute la gamme, de l’original aux déclinaisons fumée, spicy et mayo.